Littérature et polémique : « Hermann’s Battle », une œuvre BELLiqueuse…
Pour cette nouvelle création du collectif allemand « Rimini Protokoll », deux visions se croisent et sont mises en perspective : le motif de la guerre qui se déploie dans l’œuvre de Kleist et la question contemporaine des cyber attaques.
Le point de départ de la pièce « Herrmann’s Battle » est la guerre, ce même thème étant tout à fait essentiel et presque obsédant dans l’œuvre du poète, dramaturge et romancier romantique Heinrich von Kleist. Il est intéressant que cette première en France permette de relire l’œuvre d’un auteur d’une autre époque (1777-1811) à l’ère d’Internet, en réactivant les thèmes qu’il développe et en leur apportant un nouvel éclairage. Mort il y a tout juste deux cents ans, cette figure de la littérature est toujours actuelle grâce à la lecture qu’on en fait car le monde contemporain permet d’interroger la façon dont les enjeux restent les mêmes mais s’adaptent à l’évolution des technologies. On redécouvre par ce spectacle que le réseau universel Internet a d’abord été mis en place à des fins stratégiques et militaires. Fort du constat que les attaques et la guerre ont changé de nature, le collectif « Rimini Protokoll » livre une œuvre pour le moins percutante et originale qui interroge et interpelle le spectateur.
Amandine Lefèvre
Jeudi 15 et vendredi 16 décembre, à 19h, dans la Petite salle de la Comédie. Spectacle surtitré en français.

Le jeune public choyé par Reims Scènes d’Europe
L’association Nova Villa, organisatrice du fabuleux festival Méli’môme au printemps, propose plusieurs spectacles à destination de son public préféré dans le cadre de Reims Scènes d’Europe. Tour d’horizon avec Joël Simon, le directeur de Nova Villa.
Le théâtre suédois
Le focus suédois de cette édition du festival a permis, notamment, à Ludovic Lagarde et à la Comédie de Reims de proposer des lectures mises en jeu de pièces suédoises contemporaines.
Un univers enchanté et enchanteur…
Dans « Hommage à Chagall » par le Teatr Groteska (un des plus anciens théâtres polonais), l’univers du peintre Chagall est réinventé en trois dimensions : la musique se mêle avec élégance au jeu des acteurs et des marionnettes. Ce spectacle presque synesthésique rappelle avec élégance l’esthétique des tableaux de Chagall. C’est la passion de l’artiste pour son épouse Bella qui occupe une place essentielle. Une douce mélancolie nimbe cette proposition de toute beauté qui rappelle les couleurs des œuvres du maître et permet une entrée dans un univers enchanté, presque onirique.
Amandine Lefèvre
Théâtre visuel, jeune public (à partir de 8 ans)
Mercredi 14 décembre à 19h, et jeudi 15 décembre à 14h30 (séance scolaire), à l’Opéra de Reims.

Ensemble… pour la musique !
Dans le cadre du festival RSE, il ne faudra pas manquer mardi soir le concert unique de l’Ensemble Orchestral Contemporain de Lyon qui fera le part belle aux œuvres emblématiques de compositeurs scandinaves, s’inscrivant ainsi dans la thématique du festival de cette année, la Suède. En collaboration avec le Manège, Césaré accueille des artistes d’une grande renommée qui vont mettre leur talent au service de la richesse et de la diversité d’une scène artistique encore peu connue en France. L’enjeu est entre autres d’explorer des parties invisibles d’une œuvre de Jesper Nordin, puis, succèderont l’orchestration à la fois « solaire » et « polaire » de Kaija Saariaho et une pièce de Kent Olofsson écrite en référence au mythe de la déesse de la fertilité Cybèle. Dirigé par Daniel Kawka, l’Ensemble promet une belle soirée en perspective pour les amateurs et autres curieux…
Amandine Lefèvre
Le mardi 13 décembre, au Manège à 21h. Tarifs 5 à 10€.

La saga du week-end…
Dans quelques heures, s’ouvrira à l’Opéra de Reims, la tétralogie de Wagner « Ring Saga ». Ne manquez pas le sommet de l’opéra du XIXe siècle donné dans une version « de poche », 9h de pur plaisir.
Pourquoi avoir osé ce pari audacieux ?
Antoine Gindt : Depuis plusieurs années, nous avions envie avec Peter Rundel de monter une chose improbable : le Ring de Wagner. Quand l’idée s’est finalement concrétisée, nombreux et enthousiastes ont été les partenaires. C’était un défi à relever, il est rare de voir l’œuvre complète. C’est une version dépoussiérée d’une œuvre chargée d’histoire, je souhaitais retrouver l’essence du texte.
Quel fut votre parti pris ?
Antoine Gindt : Le parti pris a été de repartir du texte original, de voir comment il fonctionnait afin de lui ôter ses encombrements dramaturgiques.
Que dire pour donner envie aux Rémois de venir voir le chef-d’œuvre wagnérien ?
Antoine Gindt : Tout d’abord, il faut souligner la qualité exceptionnelle des chanteurs et des musiciens qui sont très communicatifs. Ensuite, je dirais que toutes les personnes qui ont vu le spectacle se sont accordées pour dire leur plaisir et la qualité de l’opéra. C’est une vraie expérience de musique et de théâtre formidable, unique !
Propos recueillis par Amandine Lefèvre
À l’Opéra de Reims, le vendredi 9 décembre à 20h30 « Das Rheingold » (L’Or du Rhin) ; le samedi 10 décembre à 14h30 « Die Walküre » (La Walkyrie) ; le samedi 10 décembre à 20h30 « Siegfried » et le dimanche 11 décembre à 14h30 « Götterdämmerung » (Le Crépuscule des dieux).
YPAL – Reims 2011, Pari tenu !

Suédois, Bosniens, Irlandais, Allemands, Croates, Belges, Italiens, Français… 140 jeunes réunis à Reims avec un objectif : échanger et débattre sur la place du spectateur dans le processus d’une construction citoyenne de l’Europe.
La nature du lien entre les théâtres et leur public, les différentes formes de management culturel, la question de la diversité et du multilinguisme, tels ont été les sujets qui ont traversés le programme des débats et tables rondes qui ont précédé la rencontre publique du samedi 3 décembre dans le Cirque du Manège de Reims.
Rejoints pour débattre de ces questions par une délégation d’élus, acteurs des politiques culturelles en Europe, et de professionnels d’institutions culturelles, les échanges ont été riches, vifs mais toujours sincères. Les participants de ces 3ème rencontres internationales YPAL à Reims, ont aussi pu partager des ateliers de sensibilisation artistique en lien avec les spectacles de la première semaine du Festival Reims Scènes d’Europe.
Les scènes rémoises impliquées dans le festival ont pleinement accompagné ces rencontres. Non seulement en mettant à disposition leurs espaces pour la tenue des débats et ateliers mais aussi en y participant activement et en ouvrant leur porte aux YPAL pour des visites « de l’autres côté du rideau ».
Ce rendez-vous YPAL à Reims a aussi marqué un tournant important pour le réseau lui-même. Pour la première fois, les YPAL eux-mêmes concevaient entièrement leur programme de travail. Allant jusqu’au bout de leur engagement avec l’Union Européenne, important soutien de ces rencontres, ils ont adopté dimanche matin, avant de prendre la route du retour, une charte commune pour affirmer clairement les valeurs et principes des YPAL.
YPAL - Reims 2011, c’est maintenant terminé : Cap sur 2012, à Maastricht, Hambourg, Dublin, Bruxelles et de nouveau Reims !
Photo: Johanne Débat
L’Opéra de Reims, Scène d’Europe
Serge Gaymard, le directeur de l’Opéra de Reims, évoque la programmation dédiée au festival Reims Scènes d’Europe, et notamment de l’évènement Ring Saga.
Allez en cabanes, passez par la case départ…
Initialement, la cabane est associée à l’enfance ou à la part d’enfant en nous, c’est comme l’explique Lara Dhont, photographe flamande « La quête d’un coin à soi, un abri, l’un des besoins essentiels de l’homme ». L’exposition du Theater de Spiegel « Cabanes » dans le hall de la Comédie fait des émules ; et petits et grands sont enthousiastes ! Un parcours ludique et poétique pour grandir ou retomber en enfance… La cabane représente l’espace du rêve et de l’imagination, mais c’est aussi celui de la liberté, présenté en divers matériaux (bois, corde, étoffe, mousse, bambou, etc.) Cette exposition adressée au jeune public à partir de 1 an est visible jusqu’au 7 décembre. C’est une première en France, entrée libre.
Histoires… à réfléchir… Lectures et relectures à l’œuvre
Cycle de lectures suédoises:
De Henning Mankell à Jonas Hassen Khemiri, le théâtre suédois contemporain est à l’écoute du monde qui nous entoure. Dans l’espace intime du studio de la Comédie, venez découvrir des pièces inédites ou des auteurs jamais montés en France.
La Comédie, associée à l’équipe dramaturgique de l’ERAC (École régionale d’acteurs de Cannes), a mis en place un comité de lecture, mettant en circulation une trentaine de textes contemporains. À l’issue de ces lectures, deux textes ont été retenus afin d’être mis en espace par Émilie Rousset et Rémy Barché, deux jeunes metteurs en scène membres du Collectif artistique de la Comédie. Ainsi, venez écouter le mercredi 7 à 19h, « La Femme qui s’est mariée avec un dindon » (Gunilla Boëthius / Émilie Rousset), le jeudi 8 à la même heure « L’Épreuve du feu » (Magnus Dahlström / Rémy Barché).
Le vendredi 9 décembre, à 19h, venez découvrir « Les Enfants de Médée » (Suzanne Osten / Per Lysander). Une pièce librement inspirée de celle d’Euripide où le couple formé par Médée et Jason est au bord de la rupture… Le samedi 10 décembre à 15h, « La Consultation » (Ann-Sofie Bárány / Suzanne Osten). Le synopsis est simple et compliqué à la fois : un psychanalyste vient consulter un autre psychanalyste… Le même jour, à 19h, « Nous qui sommes cent » soulève une question des plus percutantes : « Comment être humain dans un monde de plus en plus froid où tout contribue à nous isoler les uns des autres ? »
Tarifs de 5 à 10€, réservation indispensable au 03 26 48 49 00 ou sur .
